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Autonoom Syndicaat van TreinBestuurders

Syndicat Autonome des Conducteurs de Train

Agréation SNCB 2010

 
     
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Contact presse FR ~ Pour toutes vos questions relatives aux actions, un numéro unique est à votre disposition: 0471/80 63 97 ~ Porte-parole: Olivier JARDEZ

favicon  Le SACT

Depuis le 5 mai 2001, un nouveau syndicat s'est créé au sein de la SNCB.

En effet, à cette date, un groupe d'une trentaine de conducteurs de différents dépôts du réseau belge, dont certains sont issus de l'ex-LOCO ou de l'ex-ABPTT, se sont unis pour signer l'acte officiel de constitution d’un nouveau syndicat dénommé :

Syndicat Autonome des Conducteurs de Trains.

Mais avant d’en arriver là, un peu d’histoire racontée par Arthur Mercier : Il est important de savoir que depuis 1955, trois générations de conducteurs de train se sont battues, et se battent toujours pour défendre les intérêts et les revendications de la profession la plus exigeante de la SNCB.

Depuis 1955, les conducteurs de train se sont battus pour créer leur propre syndicat.

L’histoire démarre en 1955, une poignée de « machinistes » forme Main dans la Main. Le but est de créer un syndicat spécifique à cette profession. Les syndicats reconnus de l’époque vont s’opposer à cette initiative, et vont tout tenter pour faire échouer le projet.

En 1970, après quinze années de combat, les responsables de Main dans la Main abandonnent.

Dans le début des années 70, la SNCB recrute massivement, et les jeunes conducteurs de l’époque vont très vite comprendre que les syndicats reconnus ne veulent pas défendre la spécificité de notre métier pour ne pas mécontenter les autres catégories du personnel.

La jeune génération se rebiffe et c’est la création en 1975 de Loco.

En quelques mois Loco va prendre une expansion terrible, en Wallonie mais également en Flandre. Des actions de grève vont se succéder à plusieurs reprises.

Les syndicats reconnus s’unissent avec la direction de la SNCB pour détruire par tous les moyens les têtes dirigeantes de ce mouvement.

Assez bizarrement, tous les principaux meneurs qui avaient créé Loco ont été « embrigadés » par les syndicats reconnus, et ils sont tous devenus de gentils agneaux. Alors que Loco était sur le déclin, une nouvelle équipe allait se constituer pour relancer cette machine qui avait été abandonnée par ses créateurs. A ce moment, je suis tout jeune conducteur, et je vais rejoindre cette équipe pour m’investir dans la défense d’une profession qui était et qui est toujours aujourd’hui, volontairement ignorée par les deux syndicats reconnus.

A nouveau, les syndicats reconnus et la direction de la SNCB vont s’unir pour détruire cette locomotive qui essaye de redémarrer. Début 1983, la plupart des têtes pensantes du nouveau Loco vont être débauchées par les syndicats reconnus, et ce sera l’éclatement et la fin de Loco.

Quelques mois se passent, et on arrive à la grande grève de 1983.

Partie du dépôt de Charleroi, nous étions cinq conducteurs à lancer ce mouvement. Malgré l’intimidation de la Direction de nous révoquer sur-le-champ, nous avons continué cette action. Cette grève a duré trois semaines ; au début, nous étions seuls, mais le mouvement a été vite récupéré par les syndicats reconnus qui par la suite nous ont lâchés pour faire plaisir à la direction, afin que cesse cette grève qui paralysait le pays.

Je n’oublierai jamais, l’attitude du permanent de la CGSP de Charleroi qui, furieux que ce mouvement soit lancé sans l’accord de son syndicat, m’a craché en pleine figure, en me traitant de corporatiste. A la suite de cette grève, des liens très forts se sont créés entre des conducteurs de différents dépôts, et à nouveau l’idée de tenter de créer un syndicat spécifique de conducteurs de train est revenue à la surface.

Quelques semaines plus tard, c’était la naissance de l’Association Belge du Personnel de Traction et Transport (A.B.P.T.T). Suite aux pressions exercées par l’A.B.P.T.T, il y aura quelques timides améliorations en ce qui concerne notre profession.

Encore une fois, le même scénario va se répéter. Les syndicats reconnus s’unissent avec la direction de la SNCB pour détruire par tous les moyens les têtes dirigeantes de ce nouveau mouvement. Il est impossible de dialoguer officiellement avec la direction, car la réglementation syndicale de la SNCB nous l’empêche, mais en plus, cette direction est complètement muselée par le pouvoir politique et syndical.

Ce que je retiendrai de très positif pendant cette période de l’A.B.P.T.T, c’est que nous étions parvenus à faire assurer les primes des conducteurs, lorsqu’ils étaient malades, blessés ou inaptes.

Avec le temps, le découragement et la démotivation s’installent peu à peu, face au refus de la direction de la SNCB d’ouvrir un dialogue avec les conducteurs de train. Le seul soutien que nous recevons à l’époque, c’était celui du Ministre Herman De Croo qui estimait qu’un syndicat de conducteurs de train se justifiait au vu de la particularité et la complexité de notre profession. En 1992, la messe était dite et on assistait à l’enterrement de l’A.B.P.T.T.

De 1992 à 2001, c’est la période que je surnommerai « la période du Maquis ».

En effet, pendant toute cette période, les conducteurs vont se manifester à plusieurs reprises pour exprimer, par des actions de grèves sauvages, leurs mécontentements et leurs ras-le-bol. Ces différentes actions partent de la base, sans être trop bien structurées, mais toujours avec le même objectif : attirer l’attention de la direction de la SNCB sur le fait que les conducteurs de train ne sont pas de vulgaires Wattman.

Des actions seront menées également pour dénoncer des manquements en matière de sécurité. Ce sera le cas, lors de l’accident d’Aiseau en 2000, qui causa la mort de mon pote Tony Mastronardi, Conducteur au dépôt de Charleroi.

On dit que l’espoir fait vivre. Je pense que c’est absolument vrai.

Une rencontre provoquée par Martin Vinckbooms, conducteur à Jemelle, sera décisive dans la création de ce qui est aujourd’hui, le SACT.

En mars 2001, c’est lui qui va provoquer une rencontre entre Jean Luc Gonry (Conducteur au dépôt d’Arlon) et moi-même. A l’issue de cette rencontre, une décision importante est prise. Nous n’allons plus répéter les erreurs du passé pour créer un syndicat bien spécifique aux conducteurs de train. Nous allons tenter un dernier moyen pour obtenir ce que nous réclamons depuis 1955.

La Justice !

Nous constatons que dans de nombreux pays, il existe des syndicats de conducteurs de train. Et en Belgique, ce n'est pas le cas.

Avec Jean Luc Gonry, que je surnomme affectueusement «  le sanglier des Ardennes », nous avons décidé de consulter l’un des plus grands spécialistes du droit européen en Belgique, l’avocat Liégeois, Me Luc Misson. Après une première rencontre avec Me Misson, la décision est prise. Nous irons en justice, et si c’est nécessaire, nous irons devant la Cour européenne de justice à Strasbourg.

Le 5 mai 2001, c’est la naissance du Syndicat Autonome des Conducteurs de train (SACT).